Kazan / After Taste - Tour report - East Europe Tour 2007

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22/07/07 - No man's land @ Volmeranges (fr)

Et voilà, enfin ! Après, de longs mois de galère à spammer l'underground européen pour booker nos 15 jours de colo-musicale, on se retrouve à la maison avec nos voitures chargées, un brin d'appréhension et surtout une folle excitation. On se compte : 5 Kazan, 3 After Taste et un Olivier qui fera office de mega-class-driver. Puisque tout le monde est à l'heure (un genre de miracle), on peut décoller direction la frontière luxembourgeoise pour le lancement de la tournée. Première étape en terres connues : le No man's land de Volmeranges-les-mines où After Taste à dû jouer une soixantaine de fois ces 5 dernières années.

Le van qu'on a loué est en Allemagne, on part donc en convoi 3 voitures, habilement chargées la veille d'un bon gros backline bien complet, histoire de pas misérer à mendier du matos tous les soirs (et histoire de bien misérer à tout recharger/décharger tous les soirs). Petit arrêt station service pour soulager nos premiers instants de promiscuité (à 5 dans une mégane en ce qui concerne mon équipe). Keiko trouve un sandwich par terre, du coup on l'envoit nous chercher du dessert : dragibus et kinder bueno, trop la classe. On flippe quand même qu'il se fasse couper une main dans un pays de l'Est qu'on imagine plus pointilleux sur la rapine. Arrivée à Volmeranges vers 17h, on fait une petite photo pour montrer nos beaux t-shirts oldschool et on retrouve nos amis de LT Smash (groupe rock-électro bien inspiré du 57) : lauwrel, le-nouveau-guitariste-en-nus-pieds-sympa-dont-je-me-rappelle-plus-le-nom et Tom qui a la bonté d'âme de nous héberger (chez sa môman) ce soir.

Premières blagues graveleuses avec accent russe, premier déchargement de matos, premières balances et premier « ah non désolé y'a rien de prévu à bouffer pour les groupes, vous savez c'est dimanche y'aura personne ». On se jette plus ou moins sur le Kebab d'en face et on lance une petite partie de tarot, à l'ancienne, à la bien.

LT Smash commence ce soir, devant un parterre assis et pas franchement fourni (d'ailleurs, les 3/4 des Dijonnais coincent encore au Kebab et ne réprésentent pour le coup pas du tout le 2-1). Le set est cool, sonorités patoniennes, un Lauwrel bien barré et une reprise de Mickael Jackson super hype. Suivent les rap-metalleux de Rezistenza : ça mouv', ça jump, c'est fresh. Quelques personnes commencent timidement à se lever pour aller devant la scène .. elles disparaitront dans la nuit bien avant qu'on monte sur scène.

After Taste fait un premier concert de rodage puissant et carré, ça annonce une tournée de très bon augure. Idem pour nous (le concert de nos vies selon les tastes, jamais avares en éloges. Comme c'est sincère, ça fait plaisir !). Public pas très réactif mais on a de bons échos, notamment des potes Vinch (qui a très gentiment organisé le concert de ce soir) et Flo de Riktus : « After Taste et Kazan, vous êtes des groupes engagés .. émotionnellement ». Momo se fait alpaguer par un couple de quarantenaires qui lui font écouter du Phil Collins en lui expliquant qu'ils ont adoré et plus ou moins ressenti la même chose en nous écoutant qu'à leur découverte de Genesis. Ils nous font signer des autographes (!) Y'a pas à dire la génération de nos aïeux AIME le rock'n roll.

On se marre bien, on fait des bisous à tout le monde (en se disant qu'il faut profiter de notre bonne santé mentale du moment pour être gentils avec les gens) et on décolle chez les parents de Tom. Super baraque, gros chiens super affectueux et bédo avant dodo (Merci Lauwrel). Pendant la nuit, je crois voir passer Nico dans les couloirs avec sa lampe torche, il chasse le gremlins qui hante ses nuits, rien d'inquiétant je me rendors en me disant qu'il faut que je profite de ce couchage grand luxe qui risque de faire défaut lors des étapes suivantes.

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22/07/07 - Subway to peter @ Chemnitz (de)

Réveil douloureux pour certains (notre pauvre Momo n'avait plus vu la lumière du jour avant midi depuis bien des lunes - « il se réveillera pas tant qu'il aura pas vu l'indien » Olive). On prend des douches de précaution et on profite du ptit dej' amoureusement préparé par la mère de tom. Ptite séance photos dans le jardin et on décolle pour Dierdorf (vers Francfort) où nous attend notre van de luxe !

Et effectivement, c'est un van de luxe ! Pour un prix bien inférieur à ce qu'on aurait pu trouver en France (excepté les solutions des passionnés qui font ça au niveau associatif, mais déjà tous pris pour la période estivale), on se retrouve avec un tank 9 places bien spacieux, GPS, écran plat et Playstation (le genre de trucs qui soulage les quelques hardcore gamers de nos rangs). Le mec qui tient ça, Oli, est un vieux rocker allemand d'une cinquantaine d'année, fort sympathique. Il nous explique que les mecs d'Amanda Woodward se sont fait défoncer la calandre avec ce camion là. On trouve ça classe, et comme on est fans, on espère que ça nous arrivera aussi (et oui ça nous arrivera aussi).

La route vers l'allemagne de l'ouest est longue et embouteillée, on débarque au Subway to Peter de Chemnitz à 21h30 (arrivée initialement prévue à 19h) en se disant que demain on fera plus attention aux horaires (le fait est qu'en 15 jours on sera arrivé peut-être 3 fois à l'heure prévue, notamment pour notre day-off). Le pub est super classe : magnifique caveau avec des belles lumières. Y'a pas mal de monde, des punk et punkettes et nos premiers emos-mèches. On trouve une photo de steve dans un magazine qui annonce le concert, s'en suit un joyeux ego-trip. On se dit qu'on va ramasser tous les trucs imprimés portant notre nom pour se faire un joli poster en rentrant.

Concert ¾ d'heure et pas mal de bières (open-bar ce soir) plus tard, c'est bien cool les gens sont réceptifs (et c'est tant mieux vu que ce soir on est payés au chapeau). On voit quelques personnes se laisser emporter les yeux fermés par la musique : ça fait franchement plaisir. After Taste fait un concert excellent. Je plane sur « l'horizon », leur superbe chanson instrumentale, mon ènième demi-litron de bavaroise à la main. Tout va bien, je ressens un profond bonheur d'être ici, loin de chez moi en tournée avec mes meilleurs potes. Malheureusement Damien se casse la voix en milieu de set. On vient donc chanter avec Keiko et Olive sur leur dernière chanson et on fait une petite reprise de Will Haven (LE meilleur groupe du monde selon les taste, qui sera à maintes reprises mis à l'honneur pendant la tournée).

L'après-concert est des plus festif. Les gens rigolent, on commence à tatonner notre niveau d'anglais (Damien avec la jeune Claudia notamment, une petite batteuse brune qui n'a d'yeux que pour lui) et on fait plonger le hardcore goldcoast (dijon, côte d'or ..) super bas en entonnant notre premier banc bourguignon (on leve les mains on chante lalala et on tape sur la table, trop classe). La ténébreuse serveuse du Subway to Peter (qui ravira quelques fétichistes du pied dont je tairais les noms) nous sert un repas vegan royal (salade, potatoes, boulettes de champignons, etc.). La soirée suis son court éthylique et j'écris sur mon carnet de route « merci de me rappeler ce qu'on est en train de faire, t'assures ». Après un dernier verre de liqueur d'ail (véridique), on remballe et on décolle pour le sleeping, à 500 mètres du pub.

On se couche dans un grand hangar aménagé. La « fatigue » nous fait oublier les marques douteuses qui jonchent les matelas manifestement bien attaqués par les nombreux groupes dont les stickers jonchent les murs. Phrase du jour :  « mets ta tête dans la trace de jute et dors ». Amis de la poésie bonne nuit.

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24/07/07 – Rozbrat @ Poznan (pl)

Réveil laborieux (un genre de fil rouge) et départ 10h direction Poznan en Pologne, pour un début de dépaysement radical. Humeur musicale dans le camion : variet' et autre ragga teuton, et surtout on pose pour la première fois notre skeud de Booba (un bonheur pour les uns, une torture pour les autres) qui fera office de bande son de tournée (puisqu'on l'aura passé une bonne trentaine de fois durant ces 15 jours). Autopsie vol.2 feat. la crème du 92. Francis Lalanne a dit que c'était de la poésie, on aquièsce et on se délecte (« On veut piloter des bi-turbos, nique les twingos, tu piges gros ! »).

Arrivée à la frontière polonaise. Keiko veut jouer avec les douaniers, ça rend tout le monde nerveux, mais on passe tranquillement. L'arrivée en Pologne est rafraichissante. Enfin un endroit inconnu ! Les paysages sont très boisés (et les bois étrangement peuplés). On découvre les lois de la route polonaise, les dépassements hostiles et les rabatages en bande d'arrêt d'urgence pour éviter les semis qui arrivent en face. Folklorique, certains visages dans le camion ont déjà changés de couleur. On débarque en retard au Rozbrat, l'impressionnant squat de Poznan, et on abîme le camion dans un chemin trop étroit. On rencontre Baran et ses acolytes de l'asso « enter the circle pit » qui organisent le concert de ce soir, adorables. Le squat est sympathique : des tags magnifiques (notamment une superbe reconsitution de la ville au pochoir), des batiments blottis au milieux des grands arbres qui nous sauveront de la pluie, du rouge, du noir, la bibliothèque qui va avec, des toilettes hardcores et un sleeping pas super propre mais très accueillant.

Le concert d'After Taste s'annonce laborieux, Damien a toujours la voix cassé (à ne plus en pouvoir parler .. donc pour assurer un concert ..). Au bout de 3 jours la moitié de notre joyeuse troupe est déjà sous médocs. On goute la bière locale et on aide After Taste à assurer leur set en épaulant Nico qui doit assurer le chant tout seul. Ca se passe finalement bien. Le dépaysement est complet également au niveau du public. Tout bonnement hallucinant : les gens sont nombreux et à fond ! On nous expliquera plus tard que les concerts sont assez rares ici, donc chaque représentation est l'occasion de faire vraiment la fête. Le contraste avec la France est assez saisissant (puisqu'on a souvent l'habitude de jouer chez nous pour un public attentif mais beaucoup moins survolté). Notre concert est un pur moment de bonheur, les gens slamment, font des danses de kds particulièrement fun : des rameurs, du step « véronique et davina », et autres trucs exotiques, qu'on attendait pas franchement sur notre musique. L'accueil est royal et on se fend d'un rappel puissant. Ca leve les poings, ca monte sur scène. Top ! De loin notre meilleur concert, au niveau des sensations, depuis le début du groupe à mon humble avis. Les gens semblent ravis et sont super amicaux. Je touche déjà du doigt ce que je voulais trouver en partant pour cette tournée : des rencontres, des échanges, de la chaleur humaine. Du pur bonheur.

On mange un coup de kloug local, un genre de soupe de navets épicés vegan. Ca passe moins bien chez les plus carnivores d'entre nous. A partir de ce jour là, Nico se met en mode compotes, il n'avalera plus rien d'autre pendant des jours et verra presque la lumière blanche. Moi j'aime bien, plutôt friand de nouvelles expériences, culinaires notamment. La fin de soirée est réjouissante : ambiance discothèque dans un squat anar, c'est le délire. Playlist : Mickael Jackson, Coolio (le kiff des années collèges) et même Keny Arkana (ça fait plaisir à déjà 1500 km de la France !). On apprend à des polonais à mosher sans musique, Olive se fend d'une petite démo de tricycle.On rencontre Monika, une polonaise sympa qui parle français et qui nous apprend de 3 rudiments de langue locale et un mec qui nous tuyaute sur la date du lendemain, dans sa ville natale. Damien échange des cd's des taste contre des bracelets emo à clous. Puis on va se coucher les uns après les autres en se disant que plus on va aller vers l'est, plus ça va être la folie. Phrase du jour : « j'ai déjà les doigts trop sales pour m'enlever les crottes de nez ».

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24/07/07 – Molotov Café @ Olsztyn (pl)

Décollage du Rozbrat vers les 11h. Plus personne dans le squat alors on laisse un ptit mot pour remercier tout le monde de l'excellente soirée passée. Arrêt pharmacie : il faut trouver un genre de morphine aux stéroïdes pour redonner un peu de voix à Damien qui se préservera encore ce soir pour ne pas se ruiner complètement la tournée. La route est longue .. très longue. On s'occupe comme on peut et on bouffe nos premières chips au paprika (dont nous avalerons environ une cinquantaine de paquet au final). En Pologne, pour faire 350km, comptez largement 6 heures avec un van.. largement ! On bouffe dans une station des frites au nuoc mam (sic) et des hamburgers au chou, avec du chou blanc, du chou orange, du chou rouge et d'autres sortes de chous inconnues dans nos contrées. On mange le café plus qu'on ne le boit et on reprend la route direction Olsztyn au nord de la Pologne. On regarde « Le grand bazar » des Charlots .. dur. Nico nous explique que Galabru a eu un césar d'honneur pour ça. On enchaine avec Elie Semoun, déjà vu 40 000 fois, marrant mais on se dit qu'on préfère définitivement l'ami Dieudonné. L'oppression du temps qui ne passe pas dans le van déclenche de belles joutes verbales. Phrase du jour : « mon père c'est un enfoiré de flic naturiste, il scotche sa bite pour qu'elle bronze des deux côtés ». Un ange passe.

L'arrivée à Olsztyn est tendue, on est pas loin de s'entre-bouffer et le rade où l'on doit jouer est coincé en plein centre dans un dédale de sens uniques et de rues piétonnes. Heureusement qu'on a un chauffeur du tonnerre. Olive est cool, Olive est Zen, Olive est Lexomi (faut juste pas lui indiquer en même temps 3 routes qui partent du même carrefour). On arrive finalement à destination, en pleine averse, idéal pour rincer un coup le matos. Comme on est ultra à la bourre, c'est un peu la panique. Les hongrois d'Insane avec qui on joue vont démarrer dans quelques instants. On a tout juste le temps de caler nos grattes et têtes d'amplis dans un genre de remise. On bouffe une soupe de lentilles aux carottes. Le manque de viande rend les yeux de certains vitreux. Steve et Olive, nos deux végétariens de service doivent bien se marrer. Notre côté geek nous pousse à checker massivement l'Internet à dispo dans le bar, au grand désespoir des clients qui nous regardent misérer lentement sur un clavier pire que Qwerty. Le molotov café est un endroit bien sympa, auto-géré et non-profit, plein de bonnes bières polonaises. Le genre d'endroits difficile à ouvrir dans un pays comme le notre (du fait de la difficulté de faire bouger suffisemment les gens et de faire comprendre aux institutions locales qu'il est primordial d'offrir aux jeunes des endroits de culture alternative .. un constat qui se vérifiera dans bien d'autres endroits incroyables, DIY, au cours de la tournée).

Notre concert se passe bien, Pm assure la plupart des chansons malgré sa voix cassée (oui, lui aussi ! Vraiment des fillettes ces chanteurs). Les gens, un peu moins nombreux qu'hier, sont tout de même très réceptifs et entousiastes. Lesny, du groupe polonais Sidhe, qui a organisé le concert de ce soir, me dit qu'il a trouvé ça « incredibly hypnotizing ». J'en rougirai presque ! Je lui file une démo et il me prend dans ses bras comme si je venais de lui donner le graal. Incroyable, c'est vraiment touchant. After Taste fait aussi un très bon concert, on file quelques coups de chants pour aider en attendant la guérison imminente de Damien.

La fin de soirée est sympathique ! On sera accueilli chez Eva, la très jolie et vraiment adorable serveuse du Molotov qui paiera une bonne biture à mes camarades après le rangement de matos. Pour ma part, la fatigue l'emporte, je cours me coucher dans le camion après avoir salué les gars d'Insane qui essaie de se débarasser tant bien que mal des groupies qu'ils ont emballé quelques minutes auparavant. Classe.

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26/07/07 – 3ias aukstas @ Siauliai (lt)

Le vieux centre d'Olsztyn au ptit matin est magnifique. Damien est parti tôt se promener et nous ramène de superbes photos. On émerge doucement, on prend des ptites douches d'appoint, un ptit café en terrasse et on part pour la Lithuanie. Le début de voyage sera marqué par un épisode de loose totale, un genre d'incroyable rateau collectif : on se retrouve à la sortie de la ville derrière un bus « Miss Polski », après un coup d'oeil furtif et vu la faune qui peuple le véhicule, on conclue rapidement et avec justesse qu'il s'agit d'un convoi de Miss de concours, celles avec les écharpes mais version polonaise (ce qui ne gâche rien, vraiment). Plus personne ne dors dans le camion. On colle un ptit panneau Mister France à la vitre et on peste de ne pas pouvoir doubler sur cette maudite route polonaise. Le salut semble pourtant arriver assez vite alors que le bus de la tentation fait pointer son clignotant vers une station service. On conclue très rapidement qu'il est vraiment temps pour nous de remettre de l'essence dans le bahut. La suite est d'une tristesse incommensurable. Alerté par nos effluves de testostérone, la Geneviève de Fontenay locale a certainement mis en garde le chauffeur qui repart immédiatement nous laissant courir désespérément derrière le bus. Au lieu de la photo du siècle, on aura juste le droit à quelques coucous de la main. Dans un élan de détresse Keiko montre son cul mais rien n'y fait, le bus s'évanouit dans les collines polonaises . Snif

La suite du voyage est marqué par le visionage intensif d'un dvd de clips de metalcore (« trouvé par terre » par Keiko au Hellfest), insupportable sur la longueur. Avec un comeback kid plein d'espoir noyé entre des soupes du style Underoath. On enchaîne sur Las Vegas Parano, on se marre bien et on bénit notre van de luxe. La frontière lithuanienne échauffe les esprits encore une fois. Phrase du jour : « et bah tu fous ta carte d'identité dans ton cul, tu cours à travers les bois et tu fais pas chier ». Arrêt-bouffe déprimant sur une aire d'auto-route. Certains ressentent l'éloignement de leur douce maison un peu trop violement.

On arrive finalement à Siauliai (lt), dans le squat 3ias Aukstas (exclusivement tenus par des filles d'une petite vingtaine d'années ! Respect !) vers 21h (au lieu de 18h) où l'on rencontre les skankeurs luxembourgeois de Kunn and the magic muffins (et leur joyeuse percussioniste, une adorable bourrine avec un bon humour de camionneuse), et les P.O.Box, groupe de ska lorrain (qu'on aura le plaisir de recroiser plus tard), déjà venus tourner dans les pays de l'est à de nombreuses reprises et jouissant ici d'une solide réputation (le public ce soir chantera l'intégralité de leurs chansons pendant leur set, hallucinant). On comprend en déchargeant le matos que « 3ias Aukstas » veut dire 3ème étage en français. Ma rencontre du jour sera un jovial Black metalleux (un de ceux qui trouve qu'Emperor et Immortal c'est PAS du black metal), qui me demandera assez rapidemement si je suis d'accord avec lui sur le fait que brûler des églises c'est un truc franchement nécessaire. Je lui dit que je dois aller aux toilettes là tout de suite maintenant et que je lui donnerais ma réponse définitive un peu plus tard, après avoir mûrement réfléchi. Petite photo Kickback. Ouverture de la boutique.

After Taste joue après les deux groupes de ska devant un public atypique : une cinquantaine d'adolescentes oscillant entre 13 et 18 ans. Bon set. Le notre est beaucoup plus difficile, le son est franchement pas top, on a du mal à se mettre dedans. Galère. Pour achever le tout, le concert est interrompu au bout de 5 chansons par une coupure de courant. Pas démotivés, PM et Momo continuent batterie-chant dans le noir, nous en unplugged jusqu'à la reprise du courant quelques secondes plus tard. Tout ce son qui réapparait d'un coup nous remet un coup de boost et là c'est le drame. On s'aperçoit qu'il n'y a presque plus personne dans la salle si ce n'est deux colosses à képis, représentant des autorités lithuaniennes, qui nous font comprendre par un regard perçant qu'on ferait mieux de vite fermer nos gueules et de couper nos gros amplis. Une fille nous explique que « stop NOW or they'll kick your ass ». On acquiesce. Tout les gamins ont détalé en un rien de temps. Ca laisse rêveur sur les méthodes de répression policière locale. Après les concerts mortels en Pologne, celui-ci est un petit coup dur pour ma part. Le flan retombe un bon coup. Tant pis, y'en aura d'autres, on remballe et on file chez Gabriele une des sympathiques organisatrices du concert de ce soir.

50 personnes dans la baraque, on rigole bien. Les filles du squat sont sympas, notamment Alex et Vilma. Momo et Steve passeront une joyeuse nuit blanche avec cette dernière à picoler sous la lune pendant que nous allons nous coucher à 9 dans 5m² vers 6h du mat.

 

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27/07/07 – Zvera Fest @ Saldus (lv) - day off

Le day off tant attendu qui va permettre de nous reposer, de reprendre des forces, pour repartir de bon pied. C'est ça ouais ! À 8h on est tous debouts (sauf ceux qui vont se coucher) à déambuler dans la maison de Gabriele. Check d'Internet malgré un clavier encore plus repoussant qu'en Pologne. On trouve Steve dehors, en train de tuer sa dernière bouteille de vodka (Golden Lituania). On délire avec Alex, une lituanienne qui va joyeusement s'incruster avec nous pendant 4 jours (on devait juste l'emmener au Zvera fest à la base..), elle nous fait écouter Assassin et je lui explique qu'elle va devoir découvrir Booba. Quelques ptites bières pour relever la tête. Steve s'endort en mode crust au milieu du jardin, avec ses nouveaux amis les sympathiques moustiques locaux (ambiance un litre de sang pompé à la seconde). On lui dessine de nouveaux tatoos pour marquer le coup. Ptit dej' à base d'eau chaude pour se sauver la gorge : nos voix prennent chères tous les soirs. On a pas franchement l'habitude d'enchainer les concerts à ce rythme et le physique en prend un coup, fatalement. Le moral par contre est au beau fixe. On fait une ptite démo de YMCA avec Olive et Damien avant de dire aurevoir aux miss, en embarquant Alex dans le camion. On fait quelques courses et on bouffe des pizzas en ville pour se remplir le bide avant ce qui s'annonce comme 2 jours particulièrement intenses : le Zvera Fest.

Le Zvera c'est un peu ce qui justifie notre tournée au départ : on a été invité à ce fest DIY au milieu des bois lettons et on s'est dit que ça serait un peu stupide de faire 2500 km pour un seul concert. Ca s'annonce festif ! Le seul hic : on joue le deuxième jour, en dernier, sur la grande scène, à 2h et 3h du matin. Pour l'instant on se dit que ça va l'faire ..

Arrivée en fanfare : on rentre dans une voiture en reculant après avoir rater le bon chemin au milieu des bois. Le camion a rien, la Skoda a perdu sa plaque et a l'avant « un peu » abimé. Apparemment c'est un genre de fin du monde pour les occupants de la voiture. Ils veulent carrément appeler les flics (pas franchement réjouissants pour nous les ptits français), on leur explique le concept du constat et finalement après avoir trouvé 2 traducteurs on s'en sort avec un beau dessin et quelques jolies photos. On rentre sur le site et on "plante" des tentes autour du van. Un bon ptit festival avec 2 scènes, une scène électro, un parc pour bmx, terrain de foot et sound system hip-hop ou techno. Ca a l'air vraiment cool. On coule 2 bouteilles de mélange vodka/jus d'orange-carotte (spécial mais efficace), puis on se familiarise avec la monnaie locale pour profiter des buvettes qui font couler bière et « cidre » étrange à base de limonade et de manzana (« Kiss », mon sponsor pour les 2 jours à venir).

On retrouve le groupe de screamo letton Emanon, avec qui ont avait joué chez nous l'été dernier et qui ont initié notre venue ici. Ca fait vraiment plaisir de les voir, on parle un peu et on se donne rendez-vous lors de nos concerts respectifs. Il est 17h et la suite des évènements sera un enchainement de délires étranges jusqu'au petit matin. En vrac : session hip-hop, booba à fond dans le camion portes-ouvertes pour faire découvrir la force poétique de la culture française aux jeunes lettons ; squat d'une tente des Hare Krishna (sortes de mix de Raëliens et de témoins de Jehovah, complètement allumés, on parle de Dieu et de politique avec eux c'est surréaliste – considérés comme une secte malsaine en France, Alex nous expliquera que les Krishna sont ici très puissants et beaucoup plus acceptés par la masse, on l'avait déjà constaté en Hongrie l'année dernière ..); rencontre de MC's locaux à qui ont fait une démonstration de beatbox d'alcooliques en lachant nos meilleurs flows travaillés pendant nos longues heures de route (visiblement impressionnés, les mecs nous inviteront à venir toaster sur le sound system hip-hop quelques heures plus tard – là ça devient franchement n'importe quoi, on se décroche la machoire et on fait fuir les gens en ratant lamentablement notre entrée dans les sphères du pera, illarant). La suite des évènements est assez obscure, on trip sur une scène electro qui passe un breakcore ultra-lent sous des salves continues de stomboscope. Nos cerveaux sont déjà partis bien loins. Je me réveille à côté de Vince chez les Krishna au milieu de la nuit, des gens ont délassés nos chaussures et dansent autour de nous, on se regarde rapidement et on « court » se réfugier dans nos tentes dans un délire paranoïaque des plus festif ! En voilà un day-off reposant.

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28/07/07 – Zvera Fest @ Saldus (lv)

Quelques heures plus tard, nous sommes réveillés par la sono du voisin, fan d'emocore FM et de speedmetal à claviers. Les joies du camping. Il va maintenant falloir attendre une une bonne quinzaine d'heures avant de jouer. Cool. On déambule sur le fest à la recherche de Steve qui a disparu dans la nuit un peu plus tôt. On le retrouvera finalement en pleine forme en début d'après midi après avoir envisagé quelques scénarios catastrophes de série Z bien gores.

A 17h, on va voir les copains d'Emanon qui jouent sur la Main Stage. Le public compte déjà bon nombre de relous bien bourrés (ça laisse présager une belle audience au petit matin pour nous), savamment corrigés par un service de secu quelque peu virulent. 200 kilos et une matraque, tu montes pas sur scène 2 fois. Les PO.Box arrivent, ils jouent en début de soirée ici, on tchatche un peu et on va faire une sieste en attendant leur set. Qui sera particulièrement entrainant ce soir (avec même des ptites dédicasses pour nous, trop mimis et du coup un slam courageux de Damien pour saluer la grandeur d'âme des lorrains). Après PO.Box, Ictus monte sur scène et là Vlan ! Une tuerie. Si vous avez l'occasion de les voir un jour, n'hésitez pas. Ca envoit grave. Surtout comparé au groupe de Metalcore canadien qui jouera juste après eux (bonne poilade).

Les concerts prennent du retard, on commence à se dire que ca va être tendu de cloturer ce festival. Je vais voir Tesa, groupe de post-hardcore local avec chant à la Morrisson qui a l'air d'envoyer sérieusement, malheureusement le son est pas top. Mais le groupe a l'air excellent et j'aurais l'occasion de les voir en France à la rentrée, ça promet. Un ptit tour chez les Krishna pour manger un truc chaud (et plutôt bon ! Boulettes de légumes et thé indien) et affronter la fraîcheur de la nuit letonne.

Il est 3h15 quand on allume les amplis (au lieu de 2h), et bien évidemment il n'y a quasimment plus personne devant la scène. On se démonte pas, c'est pas la première fois qu'on joue devant un public clairsemé (même si on attendait beaucoup de ce festival au niveau du live). Mais le sort s'acharne: la tête d'ampli Orange de Damien (qui la prête à Keiko) crame juste après notre intro (idéal pour fusiller une motivation à toute épreuve), puis c'est l'enchainement de pétages de cordes, de débranchements de cables et autres joyeusetés qui vont franchement nous gâcher le concert. On quitte la scène dégoutés (même si quelques personnes nous diront qu'ils ont trouvé ça excellent – comme quoi .. ) et on laisse place à After Taste qui démarrent à fond, pleins d'énergie avec des chansons bien puissantes jusqu'à ce que Vince détruisent la peau de grosse caisse et les espoirs des Taste de s'en sortir moins mal que nous avec. Il est 4h40, il reste 3 personnes la tête posée sur les retours, on se dit que c'est ptet pas la peine de remonter notre batterie rangée dans le van pour faire une reprise de Will Haven. La date qu'on attendait le plus sur cette tournée se sera finalement avéré être la pire. Tant pis ! On tourne très vite tout ça en dérision pour ne pas déprimer complètement. Keiko brûle la set list pour conjurer le sort. Rien que pour le day off, on ne regrette vraiment pas d'être venus à ce fest. Pas le temps de dormir, il est 6h et on joue à 16h au sud de la Lituanie, on décolle.

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29/07/07 – Zoo Fest @ Alytus (lt)

6h de route, de coma général. Heusement pour nous, Olive a dormi pendant nos concerts et il assure au volant, grâce à la puissance de Booba notamment. Si on l'avait pas emmené avec nous, je vois vraiment pas comment on aurait pu assurer toutes les dates. Ce jeune est une perle ! En arrivant à Alytus on a des têtes de zombies, affamés et épuisés. Nico est livide, un vrai ptit casper. Pardon à tous les gens qu'on a croisé à ce moment là, ils ont dû avoir peur. C'est le 3ème jour du Zoo fest ici, un autre festival DIY en plein-air organisé par des passionnés. La scène est constitués de 2 semis-remorques plus ou moins collés l'un à l'autre (un trou d'un mètre de large entre nous et la batterie, ce soir, on ira pas se la péter en posant le pied sur la grosse caisse). Il y a un petit camping, et pas mal de gens (environ 400) allongés sur les pelouses (visiblement aussi morts que nous). Avec Steve et Keiko on emmene nos tentes au milieu des bois pour dormir 3-4 heures avant de jouer, les autres coincent dans le camion ou se promènent (ballade en barque sur le lac avec de jeunes autochtones pour Pm et Momo).

Les PO.Box débarquent. Une nuée de groupies manquent de nous projeter à terre à leur arrivée (j'exagère ?). On taille le bout de gras avant de jouer, Darius le gentil organisateur local nous paye ses kebabs (avec ou sans viande pour le plus grand bonheur de tout le monde). After Taste joue en premier et fait un excellent concert. Pour changer, je vais chanter la reprise de Will haven à la fin de leur set histoire de me détruire la voix avant de commencer le notre. On s'amuse bien. Notre concert est intense aussi. Quelques survivants lituaniens entament de joyeux pogos emmenés par notre Afterdams national, à fond sur quasi toutes nos dates, ça fait plaisir !

L'après-concert est marqué par un gros match de foot PO.Box « AS Champi> vs. Kazan/After Taste « 21 Hooligans Team » (oui il faut au moins 2 groupes de hardcore pour jouer contre un groupe de ska!) que nous perdront avec honneur 10 à 8. La plupart d'entre nous n'ayant pas couru sur plus de 15 mètres lors des 5 dernières années, avoir tenu ce score nous donne d'une certaine fierté. Les lorrains ont trichés de toute façon, on ne sait pas quand ni comment mais on en est intimement persuadés (certainement au moment du mercato où ils ont fait entré leur pièce maîtresse lituanienne). On suit l'adage de M. de Coubertin et on est obligé de se rendre à l'évidence : on s'est éclatés comme des ptits fous en faisant du sport ! Un excellent souvenir, avec des personnes vraiment adorables.

On quitte les PO. avant leur set parce qu'on a du sommeil à rattraper. Adieu déchirants (c'est la dernière date de leur tournée), photo tough-guy de rigueur, et on part pour l'auberge-hôtel (décrit par Darius comme « sovietsky outside but cool inside »). On se perd dans la téci d'Alytus, heureusement notre charmante Alex est encore là et fait office de traductrice pour nous trouver le chemin. On débarque devant une immense barre qui semble être notre point de chute, on tape au carreau perplexe. Finalement tout va bien. On a de jolies chambres réservées et payées par l'orga et surtout de bonnes douches bien chaudes (certains d'entre nous en avaient à ce moment précis particulièrement besoin, après 3 jours de festival). On fait un peu les zozos dans le couloir avant de voir passer un ami Piotr en slip kangourou qui nous rappelle qu'on est pas tous seuls dans le bâtiment. Alors dodo, dans un bon lit, avec un bon coussin et des bons draps. Nickel.

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30/07/07 – Zakazny @ Biala Podlaska (pl)

Bien évidemment on se réveille encore à la bourre, en panique. On décolle relativement vite et on dépose Alex à la station de bus pour qu'elle rentre chez elle à Vilnius. On est un peu tristes de la laisser, beaucoup de bons moments partagés pendant 4 jours avec la miss. De manière générale, tous les jours ont été particulièrement difficiles à ce niveau là. Le cadre, la promiscuité, l'intensité de chaque chose en tournée fait que l'on s'attache très vite aux gens et que l'on partage beaucoup avec eux (un peu comme à la Star academy en fait), et il n'est pas évident de changer d'endroit tous les jours alors que l'on rencontre des mecs et des filles passionnés, drôles, différents et particulièrement chaleureux avec nous. Le retour à Dijon à ce niveau là s'annonce particulièrement difficile (vous êtes déjà passé à Dijon autour du 15 Août vous ?).

Dans la voiture on écoute la bande son de la fin des temps. Le dernier Will Haven, encore et toujours, enchainé sur « the eye of every storm » de Neurosis. Nico émet l'idée que ça va plutôt bien avec le paysage. Le temps est gris, les routes vides, on vient de vivre 3 jours de fêtes et de rencontres, et maintenant on regarde les nuages noirs défiler sur nos têtes . On commence à se dire que la playslist est douteuse. Damien pose le « Mezzanine » de Massive Attack, quelques minutes avant qu'Olive lui signale qu'il commence à avoir une boule de la taille d'un ballon de foot au niveau de la gorge. Comme on a pas forcément envie qu'il nous foute dans le fossé (même si « ça serait classe de mourir sur du Neurosis » comme le souligne Steve), on remet Booba. Tout va mieux (« Je peux finir au tarmi comme le célèbre Cheb Mami ! Sans dinde ni salami, lalala chatte à ta mamie »). Positive Hip-Hop !

A l'arrière on se matte Monique, le film sur la poupée gonflable avec Dupontel, glauque à souhait, marrant mais fin bidon. On enchaîne sur Delicatessen, film très coloré, très drôle, pas du tout oppressant. Merci Jeunet. Malgré tout celà, on arrive plutot en forme à Biala Podlaska après de bonnes heures de bitume. Ce soir on joue dans le squat « Zakazny », dont l'emblème est un poing éclatant une seringue. Il y a appararemment beaucoup de came qui tourne dans le coin et ça fait des ravages. Mike, encore un mec adorable, nous explique qu'ici : « the first rules is no drugs ». Les gens sont cools. On déballe le matos, on installe.

Des mecs d'un groupe punk Estonien avec qui on a joué au Zoo Fest débarque : ils veulent jouer ce soir sans avoir appelé les organisateurs avant et sans avoir aucun ampli ni élément de batterie. Sympa. On leur explique qu'on a déjà laissé pas mal de matos en route, et que ca nous ferait chier de griller nos dernièrs fûts et lampes (on doit déjà se démerder jusqu'à la fin de la tournée pour trouver tous les soirs un ampli guitare pour Keiko à l'arrache, pour remplacer la tête orange cramée au Zvera, ce qui lui réservera quelques surprises soniques les jours suivants). Ils insistent pas. Je cause avec le batteur des émeutes récentes en Estonie et j'hallucine un peu sur ce qu'il me dit par rapport aux échos qu'on a pu en avoir à travers les médias (en même temps si les infos étaient des infos, ça se saurait). On en conclue que les politiques tous des pourris, les fachos tous des pourris, les journalistes tous des pourris et on trinque un coup.

On joue en premier ce soir, ça se passe bien si ce n'est quelques problèmes de son (la pièce exigüe et tapissée fait que l'on se mange beaucoup de basse et beaucoup beaucoup de batterie). After Taste fait un très bon concert entrecoupé d'une intervention des mecs du squat (à ce qu'on a compris, une demande de soutien pour payer des soins à des russes qui tenaient un expace autogéré et qui se sont fait violemment attaqué par des boneheads – un mort et plusieurs blessés graves – la lutte antifaf est particulièrement tendue dans ces pays de l'est où les néo-nazis sont particulièrement nombreux et organisés .. glauque!). Ils concluent par la reprise-mantra de Will haven pour changer, avec Keiko qui m'épaule au chant. On pose 2-3 lyrics de Booba et on touche presque le ciel. Booba dont on passera le CD (dans un squat .. la classe) lors de l'after disco survoltée qui cloturera la soirée au squat. Ca picole, ca danse, une vraie ambiance boum comme on les aime. On lance une chenille. Je quitte la pièce avant le rameur pour aller dormir un coup dans le camion. Mes acolytes reviennent 2h plus tard dans un état proche du divin, on décolle chez Mike, dans l'immense baraque de ses parents (contraste avec le squat ..) où on se prend une douche nécessaire avant d'aller se coucher.

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31/07/07 – Wetlina @ Warsawa (pl)

On est réveillés le matin par la chaleur ambiante dégagées par 9 mâles en pleine croissance entassés sous une fenêtre ensoleillée. On coince un peu dans la chouette baraque de Mike, on compte les icônes et autres Jesus qui squattent les murs de chaque pièce de la maison (« Jesus partout, Justice nulle part » phrase du jour) et on petit-déjeune copieusement : purée de lentilles, thé, confiture-miel, café. Miam. Petite séance de massages entre hommes et d'étirement pour calmer les grosses courbatures qui limitent singulièrement notre mobilité matinale. On a en théorie 3h de route pour rejoindre Varsovie, donc on décolle après une petite photo souvenir avec notre sympathique hôte polonais.

Ca sera finalement 4h30 de route (pour 150km), avec un petit arrêt à Carrefour où on fait nos américains une fois de plus (hamburgers, pizzas à l'huile et stock de Zubrowska pas chère, 12€ pour 2 bouteilles, faut pas se priver). A Varsovie, fatalement, on se perd et on trouve finalement le pub où l'on joue ce soir .. au milieu d'un centre commercial(!) après avoir éclaté nos forfaits et acheté un immense plan de la ville. On est très bien accueillis par Suzanna (encore un motif de combat de coqs) qui nous renseigne sur le déroulement de la soirée et de sa suite (on dormira chez Paulina, une copine à elle, à 15 km du pub, ce qui oblige en théorie notre joyeux chauffeur Olive à une belle soirée Straight Edge, perspective qui étrangement ne l'enchante pas plus que ça). Le groupe qui ouvre pour nous ce soir, « Famous Last Words » (titre d'une chanson des fabuleux My Chemical Romance, pour situer), arrive sans aucun matos. On fait un peu la gueule jusqu'à ce qu'il nous ramène un joli sceau garni de glaçons et d'une belle bouteille de vodka locale. Du coup on sympathise ! On envoit 2-3 cartes postales à papa-maman (toujours pas arrivées au moment ou j'écris ce tour report) et on bouffe super bien.

Petite frayeur de la soirée pendant les balances de FML. Nico, notre spécialiste son de service s'arrache les cheveux : le mec à la sono est un putain de pousseur de boutons. Ca annonce un joli concert pleins de larsens (il n'en sera finalement rien pour nous, puisqu'on lui explique gentiment qu'on peut régler tout ça nous-mêmes, mais le set de FML en pâtit quelque peu). After taste monte sur scène. Vince, impressionant à la batterie fait le concert de sa vie ambiance tête de fous et baguette/poing en l'air à tous les breaks. Tout le monde hallucine sur son jeu tout en puissance et poésie. Il met par la même une bonne pression à Momo avant que nous commencions. Pression accentuée par l'arrivée de nos amis les képis (on se dit qu'on va même pas jouer) qui repartent finalement après que nous ayons feint d'être un groupe sympa qui joue sous les 40dbs. Ca s'annonce corsé.

Et pourtant le concert est vraiment excellent. On prend un pied d'enfer, les copains d'After Taste mettent le feu dans la fosse. Les spectateurs en redemandent, on entend entre les chansons des « FUCKING AWESOME! » et autre « YOU'RE AMAZING! » qui nous collent une banane communicative. Un pur moment de bonheur. On a même droit à une séance de clapping sur « Dernières nouvelles » (notre chanson qui fait pleurer) comme dans les vrais concerts de screamo hype-à-mèche-vans-à-damier. Classe ! Vraiment la Pologne nous aura réservé un accueil des plus chaleureux, c'est particulièrement touchant. Les gens ici sont très ouverts et franchement pas blasés. Plein de gens nous prennent dans leur bras et nous font promettre de revenir.

Retour à la réalité : rangement/chargement de matos (les muscles poussent, les côtes s'affaissent) et on décolle chez notre hôte du soir : Paulina. Petit arrêt-réapprovisionnement-boisson à la station service avec Peter, notre ami polonais du jour (adorable, très drôle et qui nous apprendra quelques mots super utiles comme « briquet » ou « cendrier »). Suzanna nous rejoint dans la soirée. On discute jusqu'à tard (4h de sommeil pour Olive, frais et dispo le lendemain pour tailler l'intégralité de la route en bon driver deluxe) et on passe une nouvelle excellente soirée.

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01/08/07 – Kawarnia Naukowa @ Krakow (pl)

Sale tête le matin. Je réveille les camarades et on se succèdent dans la cuisine pour profiter du ptit dej' adorablement concocté par Paulina (avec confiture achetée spécialement pour Keiko, y'a pas à dire les gens sont accueillants là-bas). Encore une fois on est dans une superbe et immense maison, super bien tenue, joliment meublée et décorée par les magnifiques peintures et photos de notre « hôtesse » (c'est comme ça qu'on dit ?). On hallucine un bon coup quand elle nous explique que non c'est pas la maison de ses parents mais bien la sienne. On fait des échanges culturels avec Peter via YouTube (gros niveau) et je me fend d'un petit concert Harmonia/accordéon dans le salon (mal rémunéré et pas forcément super bien vécu par le public) qui me donne envie d'apprendre à jouer de ses charmants instruments (ah les belles sonorités de java, de bal pop et autre fêtes à neuneu). Ca pèterait en solo sur un bon gros morceau de doom.

Il faut malheureusement déjà quitter nos nouveaux amis. Snif. Photo de gang-souvenir-tough-guy de rigueur, et on se lance sur la route (longue et pénible) de Cracovie (6h). Le van nous semble de plus en plus petit, nos névroses pendant ses longues heures à manger de l'asphalte prennent de l'ampleur. Les doses de médicaments augmentent et on commence à se méfier les uns des autres. Arrivée à Cracovie, plan de la ville et évaluation de la faune féminine locale, on trouve le pub de ce soir, au milieu de Kaziminiertz, le charmant quartier juif de la ville. Un endroit assez exigûe et très sombre tenu par Jacob, notre hôte et organisateur ce soir (qui se révèlera être une des personnes les plus gentilles et intéressantes croisées lors de ce périple) qui nous explique qu'il est en guerre contre le mec qui tient le théatre d'en face et que l'on ne doit pas s'inquiéter s'il y a virulents échanges d'insultes polonaises durant la soirée.

Le public est cool, mais on fait un concert assez moyen (je pète cordes sur cordes, Pm ne s'entend pas et Steve a joyeusement aidé Keiko à soigner sa rage de dent à la vodka dans le camion). Petite prise de tête de rigueur suite à cette semi-déception. Ca passera vite. After Taste par contre enflamme le pub ce soir. Très rock'n roll, le public (peu nombreux et c'est tant mieux vu la taille de la salle, mais très demandeur) se laisse emmener (ils auront même droit un ptit featuring d'un headbangueur bien taré sur « La distance », Garde la pêche). Après leur set, Nico nous annoncera avec fierté qu'il a « pété sa ré ». Ponctué d' un petit « ça restera dans les annales » d'Oliv, on aura trouvé notre phrase du jour. Comprenne qui voudra. Gégé, bassiste d'Ataxia (ancien groupe d'Olive) en vacances dans le coin nous rend visite. Ca fait bizarre (et plaisir) de voir des têtes connues si loin de la maison. La bouffe de ce soir est étrange : on situera ça entre le kloug et le chewing-gum à la viande. Les végétariens de service s'offrent une pizza dans le troquet du coin Olive aura même trouvé dans l'après-midi un excellent resto vegan dans le quartier ; à ce niveau là la France est vraiment un pays arriéré : exemple, sur toutes les aires d'autoroutes polonaises, lithunaniennes, allemandes ou tchèques, on peut trouver des sandwichs sans viande .. faites le test chez nous, c'est pas la même ..).

Je rencontre Alex, le meilleur pote de Jacob : un sosie d'Iggy pop, direct from San Francisco, Californie, qui est en fait l'initiateur du concert de ce soir (cet adorable américain m'aura aidé à booker la moitié des dates polonaises de la tournée). Un rockeur, un vrai, avec un coeur d'or. On goûte une vodka à la poire succulente mais ravageuse, je tente un petit Bohemian Rhapsodie sur le piano du bar pour épater la galerie (rien n'y fait) et on sépare le crew en 2 équipes : ceux qui ont mal à la gueule et qui vont se coucher maintenant chez Jacob (Nico, Momo, Damien et moi), et ceux qui restent au bar pour avoir encore plus mal à la gueule (les autres, dont certains vivront une soirée dantesque dont ils ne se souviendront absolument pas). On file chez Jacob. Je dors déjà dans la voiture. Son appartement semble être au milieu de la campagne, il y a plein d'arbres, ça a l'air charmant. Les chiottes sont posées au milieu du grenier. Rustique. Je me couche à côté de Nico et on entamme un genre de dialogue de sourds pendant notre sommeil (« You like the umbrella ? », « ok but with the green crocodile eating chips »). Vive les gens qui parlent en dormant.

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02/08/07 – Bogota @ Ostrava (cz)

Une fois de plus notre réveil est accompagné d'un petit-déjeuner copieux et délicieux à base de confiture maison, de fruits frais, de petits pois/tomates en salade et de café à la cardamone. Merci Jacob. Tout ça sous le soleil, sur une jolie terrasse. Je m'aperçois alors qu'on est pas du tout à la campagne mais au beau milieu de Cracovie. C'est bluffant, il y a des arbres partout, une charmante rivière, seul le chant des oiseaux vient troubler le calme ambiant. Un véritable morceau de nature au milieu de la ville. Le pied, on se croirait presque en vacances. On disctute avec notre hôte de musique et de politique : on se demande si les 2 jumeaux au pouvoir en pologne sont pires que Sarko. Quelques délires et photos souvenirs plus tard, on doit repartir récupérer Steve, Keiko et Vince qui ont « dormi » ailleurs après leur folle soirée au bar d'hier (aux dires de certains, Steve aura, avec la finesse qui le caractérise lorsqu'ils goutent aux plaisir de la boisson, promis l'amour pur et dur à toutes les personnes de sexe féminin de notre entourage et familles respectives, y comprit nos « filles à naître », quel altruisme). On quitte tristement l'adorable Jacob, en espérant sincérement le revoir un jour.

La traversée de la ville nous confirme l'impression rapide d'hier quand on est arrivée. Cracovie est vraiment magnifique. L'architecture est superbe, la ville est aérée, douce. On se dit qu'on y reviendra en vacances un jour. Aujourd'hui, la route s'annonce encore épique : on doit se rendre à Ostrava en République tchèque : a priori, il n'y a pas tant de kilomètres que ça mais on a, au fur et à mesure, appris à évaluer les temps de parcours à la mode polonaise. Leur réseau routier est grâce aux subventions européennes en complète reconstruction. Ce qui fait que presque toutes les routes sont emcombrées voire complétement bouchées, et donc les trajets particulièrements difficiles.

L'arrivée à Ostrava est marquée par un sentiment général de profonde fatigue (on dort, on tousse, on est tout blanc). On découvre le Bogota (le club de ce soir) et on rencontre Fido, dont c'est l'anniversaire ce soir, qui a organisé la date. Je me promène au centre avec Olive, la ville est sympa. On a droit à une petite bouffe vegan pâtes-légumes bien cool. Le concert commence avec 3 bonnes heures de retard avec un groupe de Punk-Hardcore local, plein de passion mais pas franchement en place. Mais le public est tout de même enthousiaste. After Taste fait un bon concert devant des spectateurs bien à fond. Notamment un jeune fan de converge qui nous gratifiera de ses plus belles chorégraphies : un mélange de convulsions, de tecknotonic et de danse irlandaise du plus bel effet. Pendant ce temps on lutte, Pm n'a plus de voix et dors dans le camion, moi idem la tête sur le comptoir du bar. Ce soir c'est concert de survie, ambiance Koh-Lanta. On monte sur scène en boitant à moitié pour s'en sortir au final plutôt honorablement. Le rangement de matos post-live est ce soir particulièrement douloureux.

On file en fin de soirée chez Michal et Marta qui ont l'amabilité de nous héberger ce soir. Petite discussion plaisante autour d'une bouteille de rhum d'un mètre de haut et d'une petite weed locale tout à fait réconfortante. Je finis la soirée aux alentours de 4h avec Damien, Motek, Michal et le bedo alors que les autres dorment déjà profondément.

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03/08/07 – AZ Conni @ Dresden (de)

Réveil relativement tôt le matin, toujours autour d'un solide petit-dej (moment particulièrement apprécié par tous, c'est important la bouffe) composé d'une excellente mixture oignons-petits pois-tomates-poivrons tartinée avec de la moutarde au poivre vert sur de bonnes tartines de pain noir. Miam. Je négocie un split de Catheter/Fubar (18 chansons sur une face de vinyle = grindcore) auprès de Michal avec qui on fait une petite photo « j'ai la patate le matin » avant de partir pour Dresde, 550 km plus loin.

Étrangement, la route se passe plutôt bien, de manière détendue. On se matte « Un long dimanche de fiançailles », puis je me fais une petite session « Rise against / Booba » avec Olive à l'avant du camion. Une fois n'est pas coutume on arrive à l'heure au centre culturel alternatif de Dresde où l'on est gentiment accueilli par Ralph qui nous a invité à jouer ici ce soir. Le lieu est tout bonnement hallucinant. A mi-chemin entre un squat auto-géré et une maison de quartier, il y a tout ce qui faut sur place : salle de concerts, sleeping et loges grand luxe (une table garnie de gateaux apéros, bières et boissons diverses et corbeille de fruit ça fait toujours plaisir), salles d'ordinateurs, bar, biblothèque, babys-foot et table de ping-pong, etc. On décharge et installe le matos avant de se lancer dans une magnifique tournante (tennis de table bien évidemment) où l'on fait joyeusement éclater notre testostérone. Les vegetariens remportent le tournoi devant les carnivores (et oui y'a des protéines dans le tofu !).

On fait des balances avec un mec super rodé qui nous fait un son énorme sur scène. Ca fait plaisir, le concert de ce soir sera vibrant, même si aux dire de Ralph on attend pas énormément de monde. Effectivement il n'y a pas foule et jouer en Allemagne nous rappelle la France : même si on apprécie vraiment l'écoute attentive des spectateurs (comme c'est souvent le cas en Allemagne ou en France), le côté festif des concerts en Pologne ou en Lithuanie donne une toute autre énergie au live. La nostalgie des ambiances survoltées qu'on a pu trouver dans les pays de l'est nous guette. Néanmoins les gens apprécient et applaudissent chaleureusement. Le seul mec à se déchaîner devant la scène est un français du groupe de metal Absurdity, en route pour l'Ukraine où ils vont participer à un festival. Des mecs bien sympas à qui on file notre liste de contacts polonais, en espérant qu'il trouve un ou deux concerts à l'arrache sur leur chemin. Un géant teuton me dit qu'il a adoré Kazan et qu'il veut nous inviter à jouer dans un squat à Barcelone. Ca tombe bien on irait bien faire un ptit tour en Espagne pour la prochaine tournée. Echange de contacts et discussion ésotérique sur l'underground local.

Un mec nous invite avec ses potes à continuer la soirée dans un bar-boite ambiance disco-zouk (sic). Une petite douche et quelques verres de russe blanc plus tard, je décolle avec Olive et Keiko en compagnie d'une petite bandes d'amis bien marrante et bien équipée en Bordeau rouge. Petite promenade éthylique. On leur promet qu'on se rappellera du chemin pour rentrer, rien de moins sûr. La soirée Disco Zouk s'avère être plutot un mélange de ragga hongrois avec des bruits de laser et des chants à la Ozone. Olive va vomir un ptit coup histoire de. On enflamme plus ou moins le dancefloor, Keiko nous sort ses plus belles parades de break hip-hop et on tente de représenter le 2-1 avec une certaine classe. La faim nous fait quitter ce drôle d'endroit pour une pizzeria de fort bonne facture (genre la pizza géante vraiment géante). On retrouve doucement notre chemin jusqu'au sleeping de l'Az Conni où le contest de ronflements a déjà bien commencé.

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04/08/07 – Topf squat @ Erfurt (de)

Le hasard fait parfois bien les choses. Ce soir nous jouons à Erfurt, à mois de 200 bornes de Dresde. On peut donc profiter encore un peu d'un des lieux les plus accueillants de cette tournée. Petit déjeuner bien garni préparé avec courage après 2 petites heures de sommeil par une des filles de l'AZ Conni (qui nous a joyeusement emmené danser le soir précédent) et revanches douteuses au ping-pong. On nettoie à l'aspirateur l'intérieur du camion que l'on doit rendre le lendemain matin. Pour l'extérieur on choisit l'option station service avec Olive. Pas de chance, le tank ne rentre pas dans le car wash. Un gentil organisateur de Shell nous propose un lavage à la main au karcher. Comme c'est dans l'air du temps on acquiesce. Le jeune pompiste, qui arbore un superbe mulet capilaire, est un dangereux psychopate de l'éponge. Il nettoie une trentaine de fois chaque centimètre carré du camion avec passion. On lui file un bon pourboire et on récupère nos petits camarades pour reprendre la route après avoir dit au revoir aux adorables gens qui nous ont accueillis à Dresde.

Débarquement 2H plus tard à Erfurt, un genre de village (de la taille d'une ville) de bisounours version teutonne. Étrange. On se demande vaguement qui va venir voir un concert de hardcore dans cette contrée reculée. On trouve assez vite le squat local, le Topf, où se déroule à notre grande surprise un concours de graph qui draîne un bon paquet de jeunes du coin. Certains tags sont magnifiques. On espére que les gens resteront en masse pour le concert de ce soir (mouais..). La fatigue générale nous fait faire des rondes de sieste dans le camion. Les mecs qui organisent la soirée ont pas l'air de franchement se soucier de notre présence, ambiance plutôt bizarre et, une fois n'est pas coutume, pas franchement chaleureuse. Reste plus qu'a attendre quelques heures (sic) avant le début des hostilités.

On rencontre les sympathiques Insel des Laechelns, groupe mixte mi-grind-mi-sludge (si si c'est possible) de Leipzig avec qui ont partage l'affiche ce soir. Le t-shirt Kylesa du batteur nous met en confiance. Ils nous expliquent que « Kazan » en allemand est une marque de litière pour chat et que le nom de leur groupe est une invitation au sourire. Vachement moins punk ! Comme on est au bout du rouleau, ils joueront en dernier ce soir. Merci à eux, sans ça ça aurait été vraiment difficile.

D'autant qu'After Taste ne commence qu'à 23h15 pour un set expéditif mais plein de passion, avec une fin dantesque digne des plus belles heures de destruction de matos de Nirvana. Le public est « spécial », à peine quelques applaudissements entre les chansons et tout le monde garde sauvagement les bras croisés, le plus loin possible des musiciens. On monte sur scène avec un entrain fou, après avoir réveillé Steve et Keiko qui dormait tranquillement dans le camion. Public pas plus enjoué pour nous. Insel des Laechelns aura la chance de nous avoir dans l'assistance pendant leur set que l'on apprécie grandement. Ca bastonne ! Ils nous expliqueront qu'ici, les groupes ne viennent pas jouer pour le public, blasé par la multitude des concerts de hardcore organisés 3 à 4 fois par semaine tout au long de l'année. Néanmoins on vend pas mal de merch ce soir là. Étrange !

Cette nuit, Opération Survivor. Au lieu d'aller tranquillement se coucher dans le squat, il faut qu'on prenne directement la route pour Dierdorf pour rendre le van et enchainer sur les 800 km qui nous séparent de Genève. Ca s'annonce folklorique. On s'oblige à un petit arrêt américain au Burger King du coin histoire de prendre des forces et du café.

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05/08/07 – Le kab (Usine) @ Genève (de)

7h du mat'. Arrivée à Dierdorf dans un état général lamentable. On prend le petit dej' à la station service. Miam. En faisant rapidement les comptes, on s'aperçoit qu'on aura pas tant d'argent que ça à mettre de notre poche. Entre 150 et 200 euros d'essence/dépenses par personne (les cachets des concerts suffisant à payer la location du camion), un budget vacances honnête pour mes deux seules semaines de congés d'ici Noël (argh). On réveille le vieux rockeur allemand loueur de camion. Sympathique mais qui nous délestera de 400€ de caution à cause de quelques erraflures gagnées à Poznan. On omet de lui parler du constat rempli en Lettonie, en espérant bêtement que l'affaire se perdra dans les montagnes polonaises (l'avenir nous le dira). Une fois nos chères petites voitures chargées, on redémarre (plus ou moins facilement) et on décolle pour Genève. Je conduis l'espace d'Olive qui n'a toujours pas dormi, histoire de lui laisser un peu de répis après ces 2 semaines de tournée où il n'a pas lâché une fois le volant.

8H de route et une petite fouille de matériel à la frontière suisse plus tard, nous voilà à Genève. Premiers arrivés, on gare la voiture devant l'Usine, la salle où l'on joue ce soir et Olive m'emmene visiter le centre-ville et voir le grand jet-d'eau genévois. Super. Le soleil brille, il fait chaud et la petite ballade en amoureux est bien agréable même si la Suisse nous offre une toute autre ambiance comparé aux étapes précédentes. Un peu trop friqué, un peu trop aseptisé, un peu trop froid. On revient tout juste à temps pour assister à l'arrivée apocalyptique des taste. Nico est presque transparent, il n'arrive plus à parler, Vince a des poches de 6 mètres sous les yeux et Damien se rend compte qu'il a oublié son sac à dos (avec des habits, appareil photo contenant la moitié de ses clichés de tournée et bloc note où il avait soigneusement et quotidiennement rédigé un long tour report de la tournée) 300 km plus tôt sur une aire d'autoroute. Ca fait mal ! Le reste de Kazan est déjà au bar de l'Usine et fait connaissance avec l'organisateur-barman-sonorisateur de ce soir : Damien (oui un autre).

On découvre avec un certain émerveillement l'Usine qui abrite en fait plusieurs salles (nous jouerons ce soir sur la petite scène du rez-de-chaussé, le Kab), des loges spacieuses, un sleeping des plus confortables,avec vue, un magasin de disques plein de vinyles et un bar bien garni. Super chouette. On finit la tournée dans un lieu particulièrement plaisant. Notre première mission après l'installation du matos : trouver de l'herbe locale ! Ce qui prendra à peu près 3 minutes et nous mettra en bonne forme pour ce soir (comme si on avait besoin de ça ..). On partage un bon repas avec le sympathique staff de l'Usine , dans une belle ambiance déjà un peu nostalgique (on sent que la fin est proche) saupoudrée de bonnes blagues bien grasses et bien vaseuses, histoire de garder le moral. Moral au beau-fixe après l'arrivée de quelques potes venus nous soutenir pour cette dernière date. Ca fait extrêmement plaisir et on les en remercie. On en profite pour faire baisser encore le niveau d'un cran.

Mort de fatigue, je vais m'écrouler sur un canapé de la loge avant d'être réveillé par les premières notes du set d'After Taste. Malgré leur état physique quelque peu déplorable, ils nous gratifient d'un de leurs meilleurs concerts de ses 15 jours, plein de rage et de passion. Ca claque. Notre concert entrecoupé de quelques allusions vaseuses venant du public (amis dans l'audience oblige), est très étrange. Le son sur scène est particulièrement fort et changeant. Du coup on joue plutôt mal et on pète des cordes histoire de désaccorder un peu les rapes. Mon oreille craque et nous oblige à écourter le set. Dernier concert franchement moyen pour ma part (les avis seront partagés), dommage. On laisse le matos sur place puisqu'on nous propose gentiment de tout ranger demain. Certains vont se coucher, d'autres résistent timidement histoire de tuer tout ce qui pourrait nous poser problème à la frontière. Fin de 1ère tournée éprouvante.

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06/08/07 – Retour à Dijon

Réveil peinard pour changer. Aujourd'hui pas d'impératifs puisque la tournée est terminée (re-snif). Les Tastes, dont les membres de la section rythmique en manque d'amour n'en pouvait plus d'être éloigné de leurs tendres moitiés, sont partis à l'aube. Nous avons sagement choisi de profiter de ce dernier jour de vacances (pour certains) pour glander un peu en Suisse (d'autant que le sympathique staff de l'usine nous a invité à déjeuner et nous a réservé le sleeping pour plusieurs nuits, au cas où ..). On a du mal à décoller (ambiance colonie de vacances bedo-pipi-caca dans la chambre) mais ça serait dommage de coincer ici alors qu'il fait un temps radieux. Petit cadeau sur les pares-brises des deux voitures restantes, merci la police genèvoise (on avait pourtant signé des papiers d'autorisation de stationnement). Petite balade histoire de contenter ceux qui n'ont pas vu LE jet d'eau (décidemment) sous lequel on ira très intelligemment vérifier que l'eau est bel et bien humide, même ici en Suisse. Une petite margarita par-ci, une petite sangria par là et nous retournons à l'usine pour profiter d'un dernier repas préparé par un gentil organisateur de concerts (en l'occurence Damien). On range un dernier coup le matos, et on reprend la route jusqu'à notre bon vieux local de répète de Quetigny 300 km plus loin. Retour en France sous la pluie, en grande forme. Ce coup-ci, c'est bel et bien terminé.


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