Kazan After Taste East Europe tour 07

Tour report écrit par Poum
Photos par Momo, Steve, Kiki, Seb, Luc

kazan-band.com - the.boring.free.fr

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Petite présentation avant de commencer :

le crew en haut de gauche à droite
Seb (guitare/chant- The Boring), Max (batterie/chant - The Boring), Sep (Chauffeur - The Boring),
Sam (guitare-The Boring),Keiko (guitare/chant-Kazan), Pm (chant-Kazan)
en bas de gauche à droite
Poum (guitare/chant-Kazan), Momo (Batterie-Kazan), Steve (basse-Kazan), Kiki (Chant - The Boring) Nico (Son/Chauffeur - Kazan), Luc (Basse- The Boring)

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Un grand merci aux Boring ! On espère refaire plein de concerts avec vous et on vous aime très fort malgré toutes vos tares ( la non résistance à l'alcool, les citations de films de 15ème zone, l'aryennisme, le non-éclectisme musical dans le camion, la rousseur, le représentant straight-edge, j'en passe et des pires ..)

Un immense merci à Nico qui nous a conduit, aidé pour le son et surtout apporté beaucoup de bonheur, d'amour, de joie et de chevalerie (notamment en matière de résistance digestive) et à Sep.

Huge thanks to all the people who have hosted us, organized a show and came to the gigs.

Sincere Apologies to the people in Vilnius, Warsaw, Poznan and Berlin for the cancellation of Kazan show. We were really sad about it. We hope to come back as soon as possible.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

06/08 – Wien / Autriche (EKH Squat) – 01h00

Et c'est reparti. Les jolies crustonnies de vacances.Après 2 ptits tours cette année en Espagne et en Belgique/Hollande/Allemagne, nous repartons pour l'Europe de l'est avec cette fois les mecs de The Boring, punk hardcore mélo, Colmar. En comptant les chauffeurs, Nico et Sep, on est 12. 12 = gouffre financier, on part avec un van de chez Startruck et ma kangoo qui était encore au garage la semaine dernière, et qui doit sucer un plein tous les 500km, que du bonheur.

Hier soir chez Luc à Colmar, la mise en bouche piscine/barbecue a fait office de préparation physique de luxe. Fallait bien ça pour accuser les 12h de route qu'on vient de se taper pour arriver à Vienne, à l'EKH, un imposant squat où nous allons dormir ce soir (mais pas jouer : pas de concert pendant le summerbreak, pas facile de trouver des dates au mois d'août dans certains coins). En arrivant, notre contact Gwen nous a fait visiter l'immeuble, une ancienne école (« fuck ! We live in classrooms ! »). Super classe, 40 habitants fixes sur plusieurs étages, 2 salles de concerts qui en imposent, le genre de lieu qui me fait kiffer, organisé plus ou moins comme le Köpi de Berlin.

Ptite virée Vienne by night histoire de trouver un truc à grailler. Pas de chance, Vienne après 23H c'est encore plus mort que Dijon le 15 août. On trouvera quand même un Döner ouvert en se fatiguant un peu. Retour au squat. Pétards, dodo. « Avant d'aller se coucher, y'en a qui se lavent les dents, d'autres qui roulent des joints. 2 écoles, 2 hygiènes de vie ». Nico m'aura imposé le respect dès le départ en partant sans duvet ni trousse de toilette («J'ai du parfum ! »).

BO du jour pour la team Kangoo : Kery james, Yaphet kotto, PJ Harvey, Thrice, 31 knots, etc.

 

06/08 – Wien / Autriche (EKH Squat) – 09h30

Paraît que j'ai bien ronflé cette nuit, plutôt bon signe. Du coup je suis le premier levé. Ptite visite de jour du squat, je sors la camera pour faire des plans séquences ambitieux .. si j'en ferais quelque chose un jour rien de moins sûr. En partant en tournée en général on est plein de volonté, on va faire pleins de trucs, reports vidéos, photos, relevés d'échantillons de toutes sortes. Souvent au final ça voit jamais le jour. Advienne que pourra. Ce coup là ça tombe bien les geeks sont de sortis, on a un mini pc pour taper le report. D'où la forme de journal, qui ne nécessitera pas un gros travail de pigiste punk une fois à la maison.

En attendant je tape une petite sieste au soleil sur une immense terrasse de l'EKH qui devait servir de cour de récréation. Potagers à tomates un peu souffrantes, reproduction de Banksy et tags noirs et rouges sur les murs. Le cadre est plutôt cool et le soleil à plomb. Ca baigne !


06/08 – Bratislava / Slovaquie (dans le van) – 13h30

Adieu l'Autriche, et nique sa mère la vignette autoroute ! Ce coup là je squatte le van ! Tout confort (bon cette fois on a pas pris la triplette couchette/écran plat/Playstation). Je vous ai déjà parlé du gouffre financier plus haut ? On passe aux abords de Bratislava. Je regrette un peu de pas avoir trouvé un concert ici.Direction Banska Bystrica, au milieu du pays. 3H30 de route, easy. Bon ptit début de dépaysement. Ce soir on joue avec 3 autres groupes dont 2 de HxC hollandais. Ca sent le marathon. Mais j'ai bien l'impression qu'on ne va même pas être en retard... les gens respectent plus rien.

Playlist de la team Sprinter > Rancid, Pennywise, en gros du punk rock en masse (les boring oblige), sam tente sans grand succès d'imposer un brin de primus et nostromo.


07/08 – Banska Bystrica / Slovaquie (entre de grosses barres d'immeubles) – 12h00

Réveil chaleur avec Nico dans le camion parqué dans une cité slovaque. On remonte prendre le ptit déj chez Jay, le mec qui a organisé le concert d'hier et qui a hébergé les autres. Perso, j'ai préféré la banquette du van plutôt que de me dégager 2m² dans la cuisine où les gars s'étaient joyeusement entassés. Thé, café, tartine, caca.

Hier soir le 1er concert de la tournée était plutôt chouette. L'Irish Pub de Banska Bystrica est une sorte de bar associatif, blindé de jeunes, avec plusieurs salles, une grande terrasse ombragée dans une arrière cour où un jukebox bien oldschool faisait tourner du spliknot et du prodigy. On a joué en premier. Du coup avec Keiko on a mis un point d'honneur a péter une corde chacun sur l'intro de la 1ère chanson, histoire de casser l'ambiance encore un peu molle. Finalement c'était plutôt cool, les gens ont bien apprécié. Les Boring ont suivi et nous ont offert une bonne mise en bouche, pas encore très carrée mais pleine d'énergie, avec un final destroy d'anthologie où Sam aura le bon goût de monter sur la grosse caisse de je sais pas qui (ce qui nous coûtera bizarrement une partie du cachet, un truc pour tenir les toms ayant apparemment souffert de ce grand moment de rock'n roll).

A 21h, notre mission est remplie, il reste 3 groupes, des crusts hollandais qui vont bien assurer le show et un genre de tribute band slovaque de tout ce qui peut se faire en matière de punk rock mielleux (avec une reprise de blink 182 wouh !) qui mettra en transe l'audience d'un coup massivement constituée de teens en folie. On pille le bar et Keiko en mode marseillais tente d'assurer le merch à la criée. On vendra un t-shirt, un badge et un cd. Pas facile ! Nico me fait remarquer qu'à des centaines de kilomètres de chez nous, on trouve dans tous les concerts les mêmes keupons bourrés. On s'en coltinera ce soir quelques beaux spécimens dont un mec qui tentera pendant une bonne heure de me convaincre que son pays est fantastique. J'ai jamais dit le contraire mec. Il m'apprendra quelques insultes en slovaque de rigueur que j'oublierai allègrement dans les 5 minutes.

L'ambiance est bien festive, il y a une grosse centaine de personnes. Et c'est là que l'on rencontre Georges. Georges est de Banska Bystrica, il parle comme Borat d'une voix aigüe et nasale absolument divine. Il a 18 ans et en faisant beaucoup d'efforts, il va s'avérer être le mec le plus relou d'Europe de l'Est malgré son extrême gentillesse. Il vient d'arriver, il a raté le concert fini depuis 2 bonnes heures et il insiste pour qu'on ressorte le matos pour lui faire quelques chansons, devant le bar qui se vide. “Play for me ! No ? You're kidding me ? You don't like people from here ?? play for me, I like you ! Ok I understand you play for money ! You don't like people !” Marant et exaspérant. On l'envoie chier pendant 2 heures et il finit par se casser quand il croise le regard injecté de sang de Momo, haineux, après avoir essayé de lui rouler une pelle fougueuse dans un dernier élan de bravoure.
“Come on Georges ! Say 'Je Saoule” ! It means I resist !”
- Je Saoule ! Je Saoule ! Je Saoule!”


07/08 – Quelques part entre la Pologne et la Slovaquie – 14h30

On roule en direction de Cracovie où on retourne jouer comme l'année dernière au Kawiarnia Naukowa, un petit pub du quartier juif, super sombre sous de grosses voûtes de pierres mais où l'ambiance est particulièrement festive. En plus de cela, le proprio, Jacob, est un mec adorable qui nous trouve adorable. Bonheur.

La route est montagneuse et particulièrement champêtre. Quelques petites villes bien défoncées sont perdues entre les sapins et d'immenses champs. Des grands-mères tentent de grandes traversées de champs en solitaire en tirant des carrioles pleines de terre et des tractopels retournent des cailloux dans des terrains vagues perdus au milieu de nulle part. Dépaysant à souhait.

Playlist > Cursed, Genghis tron, Have heart, Agora fidelio, Akron family, Booba.


08/08 – Krakow / Pologne (Kawarnia Naukowa) – 01h00

Voilà une crème de soirée, tout le monde a l'air déjà bien perché, un vrai plaisir. Le groupe de première partie, un duo punk basse-batterie s'appelait Halt. Profond respect à la petite batteuse qui a assuré le concert avec un doigt cassé dans une atèle ! L'ambiance est top, les concerts étaient nikels, les gens à fond. Rien à ajouter je retourne au bar.


08/08 – Krakow / Pologne (Kawarnia Naukowa– 09h30)

Une partie de l'équipe se réveille par terre, dans un appart où l'on était pas censé à la base foutre les pieds. Hier ça a dû s'endormir sévère, à part pour Seb (guitare Boring), notre SxE de service qui nous apprend que notre hôtesse s'est apparemment tapé son mec sans trop de pudeur juste sous nos gueules ronflantes. Marrant.

La soirée d'hier a été de toute façon assez épique, quelques souvenirs parviennent à revenir petit à petit. Je me rappelle d'un vin rouge à 25°C, d'une virée avec Nico pour trouver du champagne dans un bar lounge trop hype pour nous, d'un kebab fait par des mafieux locaux, d'une incursion courageuse dans un bar gay totalement vide, et surtout d'une belles séries de vomis chez les Boring. J'lâcherai pas de noms mais bon .. ptits joueurs quand même !

On retourne avec peine au bar, à une demi-heure de marche (tiens on a marché tant que ça hier) pour retrouver les dormeurs du camion et recharger le matos qui a préféré rester baigner dans la bière du pub. On retrouve de belles têtes de vainqueurs, Luc a le visage bien gonflé et Sam le roux a réussi à accorder la couleur de ses yeux et de sa peau à celle de sa chevelure. “J'suis pas roux ! J'suis blond vénitien”.

On reprend la route, direction Varsovie pour rejouer au Wetlina, un café concert classieux coincé dans un centre commercial.

Playlist > Gojira, Kennedy, Envy ... j'vais arrêter les playlists ça sert à rien


08/08 – Warsaw / Pologne (Wetlina pub) – 21h

Magnifique plan de merde en arrivant à Varsovie après 6 bonne heures de route pour taper 300km : en arrivant au Wetlina, on trouve un mot non signé nous annonçant que le concert n'a pas été organisé. Grosse déception, on attendait cette date avec impatience. Je passe quelques coups de fils rageurs à notre contact en Pologne qui ne répond pas et fini par m'envoyer un message me disant qu'il a confié l'organisation de la date à quelqu'un d'autre, lui n'étant plus sur Varsovie depuis quelques mois. Content de l'apprendre mec. Face à nos mines dépitées, le patron du pub nous offre quelques bières et assiettes de frites. Le mec est sympa : il cause politique et nous apprend qu'il a bossé dans un château du Front National en France où on le traitait comme de la merde.

Il nous faut un endroit où pieuter ce soir, du coup on se met à la recherche du squat Elba où on est censé jouer la semaine prochaine. On y est accueilli les bras ouverts par un mec qui nous apprend qu'il est seul, ses camarades étant partis lancer une manif devant l'ambassade de Chine histoire de marquer l'ouverture des JO. On part pour une superette de fortune histoire de se ravitailler pour ce day-off forcé.


09/08 – Warsaw / Pologne (Elba squat – canapé balançoire) – 11h

Réveil à la cool. La soirée d'hier était tranquille, certains ont quand même finis sérieusement vu les visages marqués. Tous les gars se sont fait ruinés au baby-foot par une paire de polonaises jouant à une main. Humiliation. On a rencontrés quelques personnes sympas et bien allumées, comme ce couple de biélorusses avec Monsieur qui nous fait boire un truc pas clair caché dans son sac pour que Madame ne l'engueule pas. Madame, pas en reste, profite des difficultés de Monsieur à comprendre l'anglais pour nous expliquer qu'il est un gros boulet et qu'elle est une fille magnifique, mignonne et particulièrement hot. Monsieur comprenant vite fait ne s'offusquera pas et lèvera un peu la jupe de Madame (ambiance “regarde moi ce matos de compétition certifié iso”) histoire de confirmer ses dires. Charmants.

Ptit dej au café solide. Vu qu'on a un peu de temps aujourd'hui avant de faire la route, on projette d'aller se baquer dans un charmant lac polonais. On se fait expliquer la route pendant un long moment jusqu'à l'arrivée de gros nuages noirs qui ne tarderont pas à nous rincer abondamment. Bon bah on va plutôt aller à Auchan ruiner les chiottes alors.


09/08 – Campagne polonaise / Pologne – 16h

En route pour Szczytno (essayez de dire Szczytno à un Polonais et observez dans ses yeux cette lueur empreinte de doute et de magie du genre “ah ouais y'a une nouvelle ville en Pologne ?!”). Il nous reste 3h pour faire 80km, ça peut s'faire. La route polonaise est toujours aussi festive, à certains endroits, il y a une voiture dans le fossé tous les 2km. Pas une voiture abandonnée, une voiture avec des gens autour qui s'engueulent sur une priorité fraîchement coupée (pas facile de gérer la notion de priorité à droite sur une route à 2 voies où 4 véhicules peuvent se croiser frontalement en même temps).

La campagne est chouette mais les villages un peu délabrés. De jolis nids de cigognes, un vrai soleil d'août pour une fois, c'est reposant. On fait une pause dans une station service un peu perdue histoire de goûter les fromages roses et verts fluos achetés à Auchan quelques heures plus tôt. Étonnants, même pas mauvais !

Ce soir on joue avec 2 autres groupes français : Escarres (HxC barré de Nancy) et Saturn (Punk rock melo de Perpignan). On a ramené un magnum de Ricard pour l'occasion. La soirée s'annonce bien.


10/08 – Marijampole / Lituanie (pique-nique sur un parking de centre commercial) – 14h

Juste après la pause fromage fluo d'hier on a eu droit a une jolie fumée blanche sortant de la Kangoo. Je pense à mon garagiste à qui j'ai lâché plusieurs centaines d'euros avant de partir histoire qu'il nous arrive aucune merde, et là je nous vois déjà lancés dans un plan rapatriement à la con. On trouve la fuite de liquide de refroidissement, on se dit qu'on va remplir le réservoir au fur et à mesure, tous les 100km et advienne que pourra.

Excellente soirée à Szczytno, on a joué dans un ptit bar sous un escalier. Il y avait pas mal de monde, du coup certains ont dû suivre le concert de dehors en matant par la fenêtre. L'ambiance était sauvage, ça moshait sur 4 m², on a même vu une pauvre jeune fille partir en pleurs sur la fin de notre dernier morceau, plus attristée par le bras qu'elle a dû se prendre dans la gueule que par nos plans emo épiques. Ca fait toujours chaud au coeur de jouer en Pologne, les gens sont à fond.

Saturn et Escarres ont assurés leur concert, et ce sont vraiment tous des crèmes, ce qui ne gâche rien. Le courant passe carrément bien. Les Boring aussi s'en sortent bien malgré les premiers petits raclements de gorges de Kiki. On trouve Max particulièrement impressionnant ce soir. Sur sa batterie il est toujours au taquet, ça envoie sévère et ça fait plaisir à voir. Les 5 dégagent une putain d'énergie sur scène et la plupart des chansons sont des tubes punk hardcore qui s'impriment direct dans nos ptites têtes de jeunes. Chez les Saturn c'est Charlotte qui envoit à la batterie, impressionnante aussi, et les mélodies sont vraiment cools (on est pas du tout dans un punk rock mielleux et mou du genou ici). Chez Escarres, bah c'est tous des brutes (si quelqu'un peut me rappeler la chanson débile qu'ils entonnent en choeur quand ils enfilent leur mini-shorts rouges, ça m'intéresse ; “Bonjour bonjour Jean-Philippe j'enfile un peu vite mon slip” ?) et l'ambiance est vraiment chaotique. Cool.

Un concert punk sans un vieux relou bourré ça manque de saveur. Heureusement ce soir on a un fan polonais de Sarko qui s'y colle. Ca l'énerve qu'on aime moins notre Président que lui. Polonais ou français, tout le monde a envie de le taper. Solidarité internationale. Finalement c'est une petite meuf courageuse qui s'y collera en lui décrochant un pain monumental et en le traînant à plusieurs dizaines de mètres du bar. On le reverra plus. Courageuse la fille à Rocky !

Après le concert, il est temps d'aller se coucher. Notre adorable organisateur, Tukan, a zappé de nous préciser qu'il y avait une bonne trentaine de kilomètres à faire en voiture. Et c'est parti pour une bonne demi-heure à 110 dans les bois, au radar. J'adore ce genre de plan. Pour couronner le tout , notre petit convoi (3vans + kangoo, ça envoie) s'arrête au milieu de la forêt, une voiture en miettes barrant la route. On sort, un mec en sang, du verre pilé partout, sa nana complètement traumatisée qui boite et pleure à chaudes larmes. Glauque à souhait. La route polonaise c'est vraiment une coutume spéciale.

On arrive finalement dans une grande baraque vide pas finie où l'on va passer la nuit. Vous avez remarqué, je dis “passer la nuit” et pas “dormir”. En effet ce soir, les Escarres qui n'ont que 80km à taper demain sont d'humeur joviale. Ils parviennent même à engrainer quelques éléments de nos troupes. Tu t'endors tu te réveilles avec une joli maquillage sur la face, mystification au marqueur. Ca chante, ça gueule, ça se fout des Vosges. Sam nous offrira une nuit dantesque à base de longues déclamations bien sonores et bien incompréhensibles. 3H plus tard, faut reprendre la route pour Siauliai en Lituanie, les chauffeurs font la gueule. Dans la kangoo c'est Nico qui s'y colle, je sais toujours pas comment il a fait.


11/08 – Siauliai / Lituanie (chez notre hôtesse) – 11h

Hier soir nous sommes donc retournés à Siauliai, où nous avions déjà joué l'année dernière au 3ias Aukstas, un squat à concerts (entendez sans habitants) tenu par un crew d'une dizaine de filles de 17 à 22 ans. Il y avait plus de monde que la dernière fois, plus d'ambiance et surtout pas de flics de 500 kilos pour nous sommer d'arrêter le concert après 4 chansons. En gros c'était de la balle. 2 nanas et un mec sont venus spécialement de Vilnius pour nous voir, ça fait chaud au coeur. L'une d'entre elle dévalise le merch, nous prend en photos et ose à peine nous parler. Mode groupie. Ca fait bizarre.

On a retrouvé notre pote Alex de Vilnius qui devrait nous suivre jusqu'à la fin de la tournée. Ca fait plaisir de la voir. Après le concert, arrêt à l'épicerie et direction la maison de Gabriele, une des nanas du squat qui nous a déjà hébergés l'année dernière. On arrive et Surprise ! On la trouve en cloque. Son copain, un adorable coreux, est aux anges. Accouchement dans quelques semaines. Ca fait bizarre de voir de si jeunes futurs parents mais ils ont l'air vraiment heureux donc ça fait plaisir. Soirée à la cool, les Saturn sont là aussi, on discute jusqu'à 5h du mat'. Très bon moment.

on s'apprête à reprendre la route, environ 5h, en direction de Parnü, une ville côtière d'Estonie.


11/08 – Parnü / Estonie (face à la mer) – 20h30

On squatte au bord de la Baltique. Voir la mer fait du bien. Il n'y a pas de plage, le sentier qui nous a mené ici à travers de grandes herbes sauvages continue droit dans l'eau. Le coucher de soleil a de la gueule. Derrière nous des longues barres hlm prennent le temps de faire tâche dans le paysage.

Le club où l'on joue ce soir a l'air cool, un bar, une bonne scène, plein de place. Par contre le groupe de 1ère partie était particulièrement insupportable aux balances. On y retourne.


12/08 – Parnü / Estonie (toujours face à la mer) – 08h15

Cette fois on a trouvé une belle plage de sable fin. 8H15 à la plage. Pourquoi on dort pas plutôt ? Flashback.

Le plan d'hier s'est avéré être un bon gros plan de merde. Rien à bouffer, 3 bières pour 12 personnes et le top : pas d'endroit pour dormir. On a donc négocié avec le gros con qui faisait office de patron pour dormir dans la salle. Après de longues tractations il accepte. Il nous réveillera à 7h30 pour qu'on foute le camp en rallumant sauvagement la lumière de la salle et en faisant claquer avec passion ses fantastiques santiags sur le parquet. Bien évidemment, vu qu'il n'avait fait aucune promo, il n'y avait personne au concert, à part 3 jeunes venus de Tallinn pour nous voir. Merci infiniment à eux ! Pour achever le tout, il nous lâche un mirobolant cachet de 16,66€. Grande classe. Des fois il y a des gens qui n'aiment pas leur métier.

Malgré cela, on a passé une bonne soirée, enfermés à 12 dans le 4m² où l'on avait le droit de fumer nos clopes. Petits tags potaches, derniers bedos, vin rouge, et performance olympique de Nico sur les toilettes dont il n'avait pas croisé le chemin depuis plus d'une semaine. Respect.

Sur la plage on profite du paysage en comatant. Steve Sep et Seb réussissent l'exploit d'aller faire trempette alors qu'on souffre tous en sweats capuche sur la plage. C'est beau. On reprend la route direction Riga, la capitale lettone.


12/08 – Riga / Lettonie (auberge de jeunesse) – 16h30

Ce soir on sera logé dans une charmante auberge de jeunesse, tenue par des jeunes dont une française, tous très sympathiques. Classe. Tout le monde est mort, donc on profite de n'avoir rien à faire pour taper des siestes et prendre des douches. L'arrivée à Riga a été particulièrement physique, et moralement très difficile : les filles sont trop belles dans ce pays. On va avoir l'occasion de gagner un maximum de points beaufs dans cette charmante ville.


13/08 – Riga / Lettonie (Depo Club) – 00h00

On a eu droit à 2 sabots sur le van et la kangoo cet après-midi. Trop punks pour les parcmètres nous.

Le Depo Club est un lieu vraiment classe et très réputé dans l'underground balte. C'est pour ainsi dire le meilleur endroit pour découvrir la musique rock et alternative lettone et européenne à Riga. Point de passage obligé en gros. Au rez-de-chaussée un grand bar, au sous-sol une salle de concert et une salle club où Anete, DJ résidente, mixe electro et rock. La bouffe est nickelle, les gens sont vraiment cools. On revoit les potes d'Emanon, un groupe letton avec qui on a gardé contact depuis leur venue à Dijon il y a 2 ans. On parle du conflit Russie/Georgie qui a débuté 3-4 jours plus tôt. Ils nous apprennent qu'hier des avions militaires on survolé Riga. Ils ont l'air un peu en flip, si leurs dirigeants continuent de s'opposer à la Russie, ils ont peur de se remanger une guerre. Glauque. Les concerts se passent bien, le public apprécie vraiment (vu les échos après la prestation) mais est hyper statique ce qui est assez déroutant après les ambiances survoltées en Pologne et Lituanie. Avec l'impressionnant matos de la salle, Nico nous concocte un son aux ptits oignons, puissant et précis. Un vrai bonheur. 2 autres groupes locaux jouent également ce soir : Ambrosia un genre de metal-hardcore hors des clichés, bien chiadé mais statique au possible sur scène et 9horizon, un groupe de post-hardcore doom étouffant qui joue 15 fois trop fort mais qui envoie sévèrement. Saturn joue également ce soir après avoir fait un concert devant quasi personne dans un autre endroit. Malheureusement ils passent tard et il ne reste plus que nous, un peu saouls pour zouker devant leur son. La soirée s'annonce longue et bonne.


13/08 – Riga / Lettonie (Dans la kangoo) – 13h00

J'attends les autres dans la voiture. Ils doivent me rejoindre depuis l'auberge. Cette fois la kangoo ne démarre carrément plus .. super. J'le sens très mal.


14/08 – Riga / Lettonie (Dans un hôtel, à l'extérieur de la ville) – 00h00

Par où commencer, la journée a été “riche”. Après avoir réussi à redémarrer la caisse (la batterie avait bêtement pris l'eau) grosse fumée blanche persistante sortant du pot. Ce coup-là va falloir aller voir un garagiste.

On se sépare : les Boring partent avec PM et Momo pour Vilnius pour le concert de ce soir. On espère les rejoindre, au pire demain à Varsovie si la réparation prend longtemps. Ca va finalement prendre très longtemps. On attend plus de 5h dans la voiture, garée au milieu d'une grande place de Riga à l'arrache, pour finalement se faire remorquer dans un garage Reunault. Et là la sentence tombe : le moteur est mort, 2 semaines de réparation et une estimation de devis qui fait plus que peur. Autrement dit nous voilà dans la merde et bien jusqu'au cou. S'en suit une grosse déprime. On reste là assis au bord de la nationale avec Steve, Keiko et Nico s'en échanger un mot. J'appelle l'assistance en France pour gérer le rapatriement et trouver un endroit pour dormir en attendant. Le moral bien au fond des chaussettes. On a une tonne de bagages, la voiture est morte et la tournée semble être très fortement compromise pour Kazan. J'appelle les autres à Vilnius. Déprime générale. La rupture est brutale, on s'est même pas dit au revoir. Pm et Momo sans nous là-bas vont continuer la tournée, sans jouer. Je sais pas laquelle des 2 situations est la pire.

On finit par se défouler sur la kangoo, c'est pas tous les jours qu'on peut pourrir sa caisse. Pimp my ride.J'ai passé tellement de thunes dedans cette année, et notamment avant la tournée pour être sûr qu'on puisse faire tout le trajet que je garde un bon goût de pisse dans la bouche. Petite pensée à mon garagiste.

Il est minuit, on nous a finalement déposé dans un hôtel de vieux, bien loin du centre de Riga. L'extrême médiocrité de notre situation finit par nous forcer les nerfs et on recommence doucement à rigoler. On est coincés à Riga, ça pourrait être pire. Bon il est où le magnum de Ricard ?


14/08 – Riga / Lettonie (Hôtel) – 12h00

Lueur d'espoir : je viens de faxer à mon assurance les papiers pour l'abandon de ma bien aimée Kangoo et ils viennent de m'apprendre qu'à priori ils vont pouvoir nous trouver une voiture de location pour 48h histoire de rentrer en France. Rien à foutre s'ils nous la filent on rejoint les autres et on finit la tournée. Ce soir ils sont à Varsovie, si on a une voiture dans l'après-midi on pourra les rejoindre à Poznan en tapant 15h de route.

En attendant on coince dans notre hôtel gratuit. Un groupe de vieux businessmen écossais vient d'arriver, des betes de compétition qui sont en train de regarder un prospectus sur un loisir à touristes particulièrement jovial : aller dans un hangar pour tirer à la kalach et à l'uzi sur des mannequins en plastique. Le kiff complet. Nul doute que ce troupeau de vieux beaufs est venu à Riga pour honorer l'industrie locale qu'est la prostitution. Mais bon, là ils ont l'air motiver pour libérer quelques heures histoire de toucher du gros gun.


14/08 – Riga / Lettonie (Hôtel) – 16h00

Ca coince. Notre assurance tombe sur des correspondants locaux (enfin, “locaux” ça veut dire "à Moscou”) particulièrement branleurs et pas motivés par notre histoire. Toujours pas de voiture. On continue le Ricard devant des épreuves de natation commentées en russe. Palpitant. Paye tes vacances.


14/08 – Riga / Lettonie (Dans la rue) – 20h00

Et bah voilà c'est définitivement mort. On a pas eu de voitures, on aura pas d'avion non plus avant 2 jours. Fin brutale de la tournée. La déception est grande. On attendait particulièrement les dernières dates à Poznan et à Berlin, dans 2 squats renommés, dont le Rozbrat où l'on avait passé une fantastique soirée l'année dernière. Tristesse.

Histoire de ne pas finir sur une note trop glauque on décide d'aller repasser la soirée en ville, il y a un concert au Depo et il nous reste quelques billets du cachet d'avant-hier à claquer. On se fait des gourdes de pastis et on part à l'aventure. On est quand même mieux ici que chez nous.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Si quelqu'un est motivé pour traduire ce report en anglais >> > contact@kazan-band.com